Dans la perspective de gagner notre indépendance (nous logeons un peu à l'extérieur de Beyrouth) trois d'entre nous avons entamé des leçons d'acclimatation routière avec Shamoun, notre chauffeur. Un homme énigmatique mais avenant et bienveillant. Malgré ses mises en garde que nous espérions avoir compris (il parle très bien l'arabe et le suédois), nous avons rencontré des surprises autant routières que linguistiques.
Ainsi, lorsque Shamoun me lança un « shouei shouei », en agitant doucement la main de bas en haut, je compris que je devais accélérer gentiment. Un instant après, il réitéra sa suggestion sur un ton un peu plus prescriptif cette fois. J'accélérai franchement; il s'exclama franchement. Et je compris alors que « shouei shouei » signifiait en fait « doucement ».
Les bases linguistiques étant posées, on se lança dans la grande circulation. Et nous n'étions pas au bout de nos surprises. Un policier nous pria par exemple de griller un feu rouge parce qu'on empêchait les voitures derrière nous de circuler (on pensait que c'était un phénomène connu appelé aussi "le principe de cause à effet").
Après quelques leçons, nous avons compris que le véhicule prioritaire est celui qui klaxonne le plus longtemps. A noter qu'ici, les klaxons sont assourdis. Le débat est toujours ouvert: l'atténuation sonore des klaxons est-elle la cause ou l'effet (puisqu'on en parle) de la fameuse cacophonie régnante sur le bitume libanais?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire